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Lettre de NKM à tous les parisiens

Madame, Monsieur,

LES 23 ET 30 MARS, VOUS CHOISIREZ LE NOUVEAU MAIRE DE PARIS.

C’est un choix qui engage l’avenir de Paris et un peu celui de chaque Parisien. Et ce choix est le vôtre.

Paris, c’est notre bien commun. Elle est le fruit magnifique d’une grande histoire, qui a fait ses monuments et sa légende, sa beauté et son charme uniques. Et elle est surtout pour chacun de ceux qui choisissent ou rêvent d’y vivre, promesse d’avenir et de réussite. De tout temps, à travers la France, on est « monté à Paris ». De tout temps, être Parisien a été synonyme d’émancipation économique ou sociale. On vient à Paris construire une vie meilleure et parfois y chercher, après les épreuves, un nouveau départ.

DEPUIS TOUJOURS, PARIS EST UNE CHANCE. PARIS EST UNE PROMESSE.

Mais pour la première fois depuis longtemps, un doute s’installe. Paris est-elle encore à la hauteur des espoirs que l’on place en elle ? A la hauteur des défis qu’il lui faut relever ? Paris est-elle encore capable d’étonner le monde ? Paris est elle encore, pour ceux qui y vivent, source d’énergie ?

Ce sont ces couples de la classe moyenne obligés au départ, parce que le logement devient inaccessible, et que les familles trouvent difficilement leur place et leur rythme. C’est une génération d’entrepreneurs qui imagine partir fonder leurs sociétés à Londres. Ce sont ces jeunes artistes qui déménagent à Berlin, ces noctambules qui rêvent de New York ou Barcelone. Ce sont ces Parisiens plus âgés qui ne peuvent pas rester, faute de soutien et d’organisation.

Après 13 ans, la municipalité sortante est à bout de souffle. Sur les sujets essentiels, son bilan présente de graves insuffisances. Et aujourd’hui, elle n’est plus capable de se projeter dans l’avenir.

Il n’y a pas de fatalité au déclassement. Paris regorge de ressources, et la première d’entre elles, ce sont les Parisiens eux-mêmes. L’énergie de Paris, c’est eux. Ils sont frondeurs, ils l’ont montré à travers l’histoire. Ce n’est pas par hasard que le pouvoir central s’est toujours méfié du peuple de Paris ! A Paris, on ne se résout pas. On ne s’incline pas devant l’adversité. On ne connait pas la résignation, et l’abattement n’est jamais que passager. Paris est une ville d’insurrection et d’espérance.

AVEC VOUS, JE VEUX FAIRE DE PARIS UNE « VILLE À ÉNERGIE POSITIVE ». UNE VILLE QUI DONNE PLUS D’ÉNERGIE QU’ELLE N’EN PREND. UNE VILLE QUI OFFRE À SES HABITANTS UNE CHANCE DE PLUS.

Donner de l’énergie aux Parisiens, c’est s’adapter a eux plutôt que de leur demander en permanence de s’adapter à la ville. Je vous propose la révolution des horaires, pour que la Ville vive au rythme de chacun, pour qu’elle fasse place à tous les rythmes. J’étendrai les horaires d’ouverture des crèches, du métro, des mairies d’arrondissement, des bibliothèques et des équipements sportifs. Et je propose – c’est possible sur simple décision du maire de Paris – d’étendre enfin l’ouverture des commerces le dimanche.

Paris est riche de ses 122 quartiers. La sécurité et la propreté doivent y être assurées. C’est le début de tout. Je créerai une police de quartier, je développerai la vidéoprotection, et surtout je mettrai en oeuvre la tolérance zéro. Les incivilités, la délinquance, l’environnement quotidien qui se dégrade empoisonnent la vie des Parisiens. J’installerai dans chaque quartier un référent capable de faire intervenir dans la journée, après signalement, une équipe de nettoyage ou de réparation légère de la voirie. Ce sera une véritable « conciergerie » de quartier.

Paris doit loger ceux qui travaillent à Paris, ceux qui se battent pour partager cette promesse qu’est Paris. Aujourd’hui, la classe moyenne a été condamnée à l’exode par une gauche qui trahit son histoire et ceux qui lui ont fait confiance. Paris devient la ville des très aisés et des très aidés. On ne construit plus (deux fois moins de logements par an qu’il y a quinze ans!). Mais on rachète à prix d’or, à coup de préemption, des logements de la classe moyenne pour les convertir en logements sociaux. En fait, par sa politique, l’équipe sortante a participé à l’explosion des prix, et à la disparition des logements intermédiaires. Je veux renverser la vapeur de ce train qui conduit de trop nombreux Parisiens au départ. Qui travaille à Paris, qui est prêt à se battre pour rester à Paris, doit pouvoir vivre à Paris. Je propose de partir à la conquête de nouveaux terrains constructibles, en couvrant le périphérique et les voies ferrées, partout où c’est possible, et en réhabilitant ainsi des espaces aujourd’hui abandonnés. A Bercy-Charenton, Gare du Nord, aux portes de Paris : voilà les quartiers de demain. Et 20% des nouveaux logements construits seront proposés aux Parisiens qui souhaitent devenir propriétaires à un prix inférieur de 25% à celui du marché. Comme cela se pratique déjà dans d’autres villes de la région parisienne.

Paris doit être à nouveau une ville qui bouge. Où l’on circule plus facilement. Où l’on respire plus librement. La place de la voiture individuelle polluante est appelée à y diminuer, comme dans toutes les grandes métropoles. Mais en créant des solutions nouvelles. Pas en empoisonnant la vie des automobilistes. Tout sera fait pour améliorer la fluidité du trafic sur les grands axes de circulation : nouveaux systèmes de cadencement des feux, mise à disposition de nouvelles places de stationnement souterraines. Dans le même temps, je propose d’expérimenter, en dehors des grands axes de circulation, des « quartiers électriques ». Seront concernés une partie des quatre premiers arrondissements et certaines collines de Paris. On y circulera – sauf les riverains, qui pourront conserver leur voiture – principalement à pied ou grâce à un système des véhicules électriques. Enfin, je créerai un million de mètres carrés d’espaces verts de proximité en exploitant tous les espaces délaissés au coeur de chaque quartier, et en investissant la petite ceinture.

Donner de l’énergie, c’est faire confiance à ceux qui ont des idées, des projets. Je propose de mobiliser l’épargne des Parisiens au service des projets d’entreprises parisiennes. Je créerai dans ce but le « livret Paris », livret d’épargne qui servira, en partenariat avec toutes les banques volontaires, à financer les PME parisiennes, en particulier les petits commerces, qui font la vie de nos quartiers et créent des emplois. J’ouvrirai largement les appels d’offres de la Ville aux PME, pour que Paris ne soit pas une rente au service de ceux qui sont déjà installés, mais le capital de ceux qui se lancent dans la vie et prennent des risques. Et je serai l’ambassadeur de l’excellence et du savoir-faire parisien à travers le monde.

Paris est une ville généreuse. Mais beaucoup de Parisiens vivent seuls. Les solidarités familiales y sont souvent plus fragiles qu’ailleurs. Pour retrouver notre énergie collective, il faudra dépasser le chacun-pour-soi. L’abbé Pierre avait appelé naguère à « l’insurrection de la bonté ». Il faut retrouver cet esprit. Pour tisser de nouveaux liens entre les habitants, je propose la création d’un service civique parisien, auxquels s’inscriront tous ceux qui seront prêts à donner au moins une heure par mois au profit d’une action d’intérêt général. Mon objectif est que 50 000 bénévoles se mobilisent ainsi à horizon 2020.

Paris est forte de son histoire et de son identité uniques. Être moderne, ce n’est pas leur tourner le dos, ou les bafouer, mais les réinterpréter tous les jours. Être à l’avant-garde, ce n’est pas copier ce qui se fait ailleurs, mais chercher notre voie, forcément différente. Contre la fausse modernité des tours, je défendrai une vision respectueuse du patrimoine de Paris, de son identité culturelle et architecturale. Contre une certaine culture institutionnelle, je défendrai la création, qui est faite de liberté et même de subversion, surtout pas de soumission aux modes ni au pouvoir ! Je développerai les pratiques amateurs, car à Paris la culture a toujours été populaire.

Sur tous les grands sujets – sécurité, transport, propreté, logement, emploi, pauvreté –, je veux être jugée sur mes résultats. Comme cela se fait dans la plupart des grandes villes du monde, je mettrai à disposition des Parisiens des indicateurs fiables, publiés régulièrement, qui intégreront le niveau de satisfaction des usagers. Je tiendrai tous les six mois une conférence de presse pour rendre compte personnellement des progrès réalisés et de ceux qui restent à accomplir.

Enfin, et surtout, je serai la maire du zéro augmentation d’impôts. Je mènerai tous les projets dans la meilleure gestion des deniers publics. Sans augmenter les impôts et, dans un deuxième temps, dès que nous aurons dégagé de nouvelles marges de manoeuvre, en baissant la taxe d’habitation. La hausse des impôts, la multiplication par quatre de la dette, voilà une spirale avec laquelle il faut rompre. Le gâchis, et dans certains cas la gabegie, plombent nos comptes municipaux. Non, il n’est pas besoin de 36 adjoints, et j’en limiterai le nombre à 20. Non, la dérive de coûts de tous les grands projets n’est pas une fatalité, et je confierai la présidence de la commission des appels d’offres à l’opposition.

ET POURQUOI ME CROIRE ET ME FAIRE CONFIANCE ?

Comme beaucoup de Parisiens, j’ai une histoire singulière avec Paris. Je suis née à Paris, d’une famille qui l’avait choisie, pour y vivre et y travailler. Une famille dont certains de ses membres s’étaient battus pour la défendre. Pour que Paris soit libre. Pour que Paris soit grande.

Comme beaucoup de Parisiens, j’ai été attirée ailleurs par la vie. Et je n’ai eu de cesse de revenir.

J’ai décidé et proposé aux Parisiens, lors de la primaire, de faire le renouvellement sur les listes que je soumettrai à leur vote, au risque de chagriner les ambitions déçues. Je l’assume, parce que je crois qu’une énergie nouvelle requiert des visages nouveaux. J’ai travaillé avec Marielle de Sarnez et Christian Saint-Étienne à construire l’union dès le premier tour, car je sais que les Parisiens veulent que nous dépassions les frontières des partis politiques, et je pense qu’ils ont raison!

Si vous me faites confiance les 23 et 30 mars, je serai maire à plein temps et pour toute la durée du mandat. C’est un choix entier, un choix de passion.

Paris en 2020 sera à nouveau la ville ou l’on vient pour « faire sa vie ». Une ville qui nous fera confiance. Une ville qui nous protégera. Une ville qui nous passionnera. Une ville qui enfin nous donnera notre chance.

Voilà, pour moi, l’enjeu de l’élection. Partager une nouvelle énergie avec les Parisiens, pour que Paris soit fidèle à ses promesses.


NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET, candidate à la Mairie de Paris