Le 15 mai, l’INSEE a révélé que la France était entrée en récession lors du premier trimestre 2013.

1 - Pour la première fois depuis 2009 et le pic de la crise financière, la France est en récession (soit deux trimestres de suite de recul du PIB : -0,2% au 1er trimestre 2013, après -0,2% au 4ème trimestre 2012). Tous les indicateurs économiques sont dans le rouge : 

  • le pouvoir d’achat a plongé à la fin de l’année 2012. C’est la plus mauvaise année depuis 1984, à cause d’un dernier trimestre 2012 catastrophique (-0,9%). C’est la conséquence d’une hausse sans précédent de la pression fiscale (le taux de prélèvements obligatoires est prévu à 46,5% en 2014),
  • la France n’a jamais compté autant de demandeurs d’emplois dans toute son histoire : plus de 3,2 millions de personne sans aucune activité, et même plus de 5 millions de personnes si l’on prend en compte tous les inscrits à Pôle emploi.
  • nos entreprises sont étranglées : tous les indicateurs qui permettent de mesurer leur santé sont en baisse (taux de marge au plus bas depuis 1985, taux d’investissement, taux d’épargne, taux d’autofinancement) et la production recule dans tous les secteurs (au premier trimestre 2013 : -0,1% pour les biens et services, -0,3% pour les biens manufacturés, -2,1% pour les transports, -1,1% pour l’agro-alimentaire, -0,8% pour la construction...)

2 - Bien sûr, la crise frappe l’ensemble de la zone euro, bien sûr il y a des causes structurelles au déficit de compétitivité de la France, mais François Hollande porte une part de responsabilité personnelle dans cette récession. L’économie française est en récession, mais c’est surtout François Hollande qui est en échec. Alors que le diagnostic était connu depuis longtemps, qu’avec Nicolas Sarkozy nous avions mis en place des mesures fortes pour la compétitivité, François Hollande, dans son aveuglement idéologique, les a supprimées ; ce qui a aggravé la crise comme :

  • La défiscalisation des heures supplémentaires, qui faisait tant de bien à la production et au pouvoir d’achat des travailleurs.
  • La TVA anti-délocalisation, qui permettait d’améliorer notre compétitivité en baissant le coût du travail.

Et il a pris des décisions objectivement contraires à l’emploi :

  • En alourdissant le coût du travail pour financer le retour partiel à la retraite à 60 ans.
  • En augmentant de 15 milliards les impôts sur le travail et tout le monde a été touché : les artisans, les commerçants, les PME, les grandes entreprises, les investisseurs, les créateurs d’entreprises et même les petits auto-entrepreneurs !

3 - Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir si les prévisions de croissance du gouvernement de +0,1% pour 2013 doivent être maintenues comme Bercy l’a fait. Depuis le début du mandat de François Hollande les objectifs annoncés (croissance, déficit, dette, chômage) ne sont pas tenus car depuis le début le diagnostic est faux : ce n’est avec cette petite « boîte à outils » que nous pouvons résoudre une crise de cette ampleur.

Non, la question est de savoir quelle doit être notre réaction collective pour surpasser la crise. A cet égard, il est regrettable que François Hollande se soit contenté de noter que la situation est «grave» mais que « la récession est moins profonde qu'en 2008 et en 2009». Il a même affirmé que« nous avons passé le moment le plus difficile » et que « la situation de la France n’est pas pire que celle de l’Allemagne »... Faut-il lui rappeler que la situation dans notre pays se dégrade depuis 1 an et que le taux de chômage en Allemagne est de 5,4% contre 10,8% en France 2013 (selon les données d’Eurostat pour le premier trimestre 2013) ? Faut-il lui rappeler que l’investissement s’effondre (la formation brute de capitale fixe recule de -0,9% au premier trimestre 2013) ce qui augure d’une poursuite de difficultés de notre économie dans l’avenir ?

François Hollande donne l’impression d’un déni de la réalité de ce que vivent les Français. Le Président n’est pas un analyste ou un commentateur, il doit prendre des décisions fortes pour inverser la tendance. La France ne peut se contenter de faire le dos rond en attendant la reprise hypothétique de la croissance mondiale après 2015. Il faut tout de suite un virage à 180 degrés de politique économique. Sinon, il y a fort à craindre que notre pays soit engagé dans une récession profonde, durable et qui va pénaliser des millions de Français dans leur vie quotidienne.

4 - Il faut une autre politique, car nous ne sommes pas condamnés au déclin, un sursaut est possible. Les Français ne doivent pas perdre courage. Ils sont la réponse à la crise: c'est par leur travail, par leur inventivité, par leur talent et leur combativité que la France retrouvera le chemin de la croissance et de l'emploi. Il faut que tous les Français se retroussent ensemble les manches et que le gouvernement change de politique en allégeant les charges, les impôts et les normes pour libérer la croissance, en donnant à chacun la possibilité de travailler plus pour créer de l’activité, en réduisant la dépense publique pour contenir la dette, en formant mieux les demandeurs d’emploi et en développant l’apprentissage pour lutter contre le chômage… Si François Hollande est décidé à changer de politique en ce sens dans l’intérêt supérieur de la nation, il doit savoir qu’il pourra trouver l’UMP à ses côtés.