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6 février 1973 – 6 février 2013. J’étais à la soirée de commémoration de l’incendie du collège Pailleron il y a 40 ans jour pour jour. Plus de 200 personnes étaient rassemblées ce 6 février 2013, pour la projection d'un film retraçant cette tragédie, dont la conséquence a été 16 enfants et 4 adultes morts brûlés vifs. Au-delà des causes, des responsables qui ont été jugés et condamnés, j’ai été marqué par le climat lourd de recueillement, d’émotion et de souvenir attristé.

En ce qui me concerne, j’étais présent surtout en tant qu’ancien élève de ce collège. J’avais moi aussi envie d’être là pour témoigner sur cette catastrophe dont je n’avais jamais reparlé à quiconque, soit inconsciemment, soit parce que je ne voulais pas me souvenir. Je n’avais jamais vu de films, d’émissions sur cet évènement tragique, pas plus que mes amis proches ne savaient que j’étais passé par ce collège.

Durant ce moment passé avec toutes ces personnes, de nombreux souvenirs de cette époque sont remontés dans ma mémoire. Mes anciens professeurs, certains visages et noms de camarades de l’époque et des tranches de vie passées dans ce collège.

En effet, à la rentrée scolaire 1971, nous avions avec mes camarades de classe, inaugurés les locaux de ce collège d’un type nouveau et flambant neuf. Cela nous changeait du collège vieillot « Simon Bolivar ». Nous étions heureux. En revanche , nous avons vu rapidement que la construction de l’établissement et les matériaux utilisés étaient de très mauvaise qualité. Je me souviens notamment de camarades tapant dans les portes ou dans les murs, ce qui provoquait l’enfoncement des parois. Rien n’était résistant. Entre nous, nous l’appelions le collège en carton.

Je pourrai raconter d’autres anecdotes puisque j’ai vécu deux années dans ces locaux. J’en suis parti à la fin de l’année scolaire 1972 et huit mois plus tard survenait ce drame. J’ai souvent pensé que nous aurions pu avec mes camarades de classe, en ce 6 février 1973, être à la place des victimes d’autant plus que nous étions une fois par semaine aux mêmes heures de l’incendie, au ciné club.

Je remercie sincèrement l’association et sont Président, de faire vivre ce souvenir et d’avoir organisé cette soirée. Cela m’a permis d’être un témoin muet à la gorge serrée avec mes souvenirs qui étaient je le pensais, définitivement enfouis dans ma mémoire.

Jean-Jacques Giannesini
Conseiller de Paris

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Incendie du collège Pailleron, le 3 février 1973