Mardi 12 juillet 2001 lors du Conseil de Paris , Jean-Jacques Giannesini a interpellé le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, sur l'immobilisme de la Ville de Paris dans le dossier du Parc des Princes.

En effet, dans le cadre du futur Championnat d'Europe 2016 de football, le Parc des Princes doit être rénové. Alors que de nombreuses régions dirigées par des socialistes travaillent depuis des années de concert et en bonne intelligence avec le gouvernement, en particulier avec le ministère des Sports dirigé par Chantal Jouanno, pour obtenir les crédits nécessaires à la rénovation de plusieurs stades, la ville de Paris est restée immobile, quasiment sans contact avec le gouvernement.

Bertand Delanoë est toujours prompt à dénoncer les soit disant manquements de l’Etat en matière financière à l’égard de la ville de Paris. Il est extrêmement curieux de constater que lorsque l’Etat propose d’aider la Ville de Paris pour des travaux importants, il omet tout simplement de répondre. Attitude incompréhensible ! D'autant que pendant ce temps là, Bertrand Delanoë englouti des dizaines de millions d'euros pour la reconstruction du Stade Jean Bouin pour son ami Max Guazzini, ex-président du Stade Français.

Retrouvez l'intégralité de l'intervention de Jean-Jacques Giannesini au Conseil de Paris du mardi 12 juillet 2011 :

Merci Monsieur le Maire,

Comme le savent les passionnés de sport, le Parc des Princes est un stade emblématique au même titre que le stade Vélodrome à Marseille ou le stade Geoffroy Guichard à Saint-Etienne. On peut le dire, il fait partie du patrimoine sportif français.

Aujourd’hui il est quelque peu vieillissant et ne répond plus aux exigences des grands stades de football, notamment en termes de confort, d’hospitalités et de sécurité.

L’organisation des championnats d’Europe de football en 2016 est l’occasion unique d’une modernisation de l’enceinte pour répondre aux standards internationaux et au cahier de charges de l’UEFA.

Cette rénovation est d’ailleurs un préalable, au fait que ce stade puisse accueillir des matchs lors de ces championnats d’Europe 2016.

Il est évidemment impensable que cette compétition prestigieuse puisse se dérouler dans notre pays, sans que Paris n’accueille de match au Parc des Princes.

C’est impensable pour des raisons sportives naturellement mais aussi pour des raisons économiques et de rayonnement international.

Ce type d’évènement, on le sait très bien, est générateur d’activité donc créateur de richesse et d’emplois. Ceux qui pourraient penser le contraire sont des irresponsables et des inconscients qui ne se soucient que de leur intérêt personnel.

Le 5 décembre 2009, la Ville de Paris a lancé un appel d’offre pour confier à un opérateur privé la rénovation et l’exploitation du Parc des Princes dans le cadre d’un Bail Emphytéotique Administratif (BEA).

Dans un premier temps, il y avait 2 candidats.

Depuis septembre 2010, seul le dossier de Colparc (Colony Capital) est resté en course, l'autre candidat (Ovalto) n'ayant pas rendu un dossier abouti.

La capacité totale du Parc des Princes va donc passer à près de 48000 places dont 41000 grand public, 4300 places en loges et 300 places médias.

En ce qui concerne le calendrier, il est prévu que :

  • la signature du contrat de (BEA) et le dépôt du permis de construire aient lieu en octobre 2011,
  • les travaux d’aménagement des abords par la Ville de Paris en 2012 et le début des travaux de rénovation du stade en 2013.

Ces travaux vont conduire à la fermeture du stade durant la saison 2013-2014, une deuxième phase de travaux se poursuivant sur la saison 2014-2015 en site ouvert.

  • La livraison du stade prévue mi-2015.
  • Le coût total devrait être de 114 millions d’euros.

Il apparaît qu’une aide de l’Etat soit indispensable pour boucler le financement de ce projet, à hauteur de 10 millions d’euros.

Cette somme est tout à fait raisonnable au regard des autres subventions accordées par l’Etat aux projets de construction et de rénovation des stades retenus pour l’Euro 2016.

Pourtant, jusqu’à récemment, contrairement aux autres villes hôtes de l’Euro 2016 qui ont formulé des demandes dès l’année 2009, la Ville de Paris n’a pas sollicité le Ministère des Sports pour une aide financière.

Un courrier de vous Monsieur le Maire, le 29 novembre dernier pour être exact, est enfin parvenu à la Ministre des Sports Chantal JOUANNO, et ceci plusieurs mois après la répartition de l’enveloppe des crédits d’Etat destinés à l’Euro 2016.

En outre, ce courrier a été le seul premier vrai contact concret engagé par la Ville de Paris, alors que le ministère de sports entretient depuis deux ans des relations de travail étroites et régulières avec l’ensemble des villes-hôtes.

Force est de constater que vous avez fait preuve Monsieur le Maire avec votre première adjointe Madame HIDALGO d’une désinvolture ahurissante et d’un manque certain de volonté.

En effet, vous avez une drôle de façon d’agir, de gérer et de défendre les intérêts des parisiens.

Vous qui êtes si prompt à dénoncer les soit disant manquements de l’Etat en matière financière à l’égard de la ville de Paris, il est bizarre que lorsque l’Etat propose d’aider la ville de Paris pour des travaux importants, vous omettiez tout simplement de répondre.

Heureusement, que Chantal JOUANNO Ministre des sports s’est souciée de l’intérêt général. En effet, Il fallait faire avancer ce dossier essentiel pour le football français et pour Paris et elle l’a fait avec efficacité.

Elle a donc tenu à recevoir Sébastien BAZIN représentant Colony Capital, seul candidat pour l’attribution du BEA et Robin LEPROUX, président du PSG, club résident, pour faire le point sur l’état d’avancement du projet de rénovation et pour évaluer avec eux les besoins d’une participation financière de l’Etat à ce projet.

Une rencontre de travail s’est donc tenue le 30 juin dernier au ministère des sports.

En effet, Sébastien BAZIN et Robin LEPROUX ont présenté à Chantal JOUANNO les enjeux du projet et ont confirmé qu’un engagement financier de l’Etat était indispensable pour sortir de l’impasse.

A l’issue de la réunion, consciente de l’importance du dossier, Chantal JOUANNO a pris ses responsabilités et à décider d’octroyer une enveloppe de 10 millions d’euros au projet de rénovation.

Je vous rassure mes chers collègues, ces financements ne viennent naturellement pas, en déduction du budget attribué par l’Etat chaque année, au sport pour tous et au sport de proximité.

Ce sont des dépenses exceptionnelles financées par un prélèvement exceptionnel pour un évènement exceptionnel sur les recettes de la Française des jeux.

Le geste est important. L’Etat est ainsi le premier acteur public à s’engager aux côtés du futur attributaire du BEA, alors que la Mairie de Paris a d’ores et déjà exclu de participer au financement de la rénovation du stade.

C’est tout à fait regrettable.

D’autant plus, que vous pourriez très bien, sans solliciter à nouveau le contribuable parisien, demander au nouveau propriétaire du Stade Français, de participer au financement de la construction du futur stade Jean Bouin.

Cela aurait le mérite de libérer des crédits municipaux, sans nouvelles inscriptions budgétaires.

Dans ce dossier, notons aussi qu’une fois de plus vous avez voulu vous défausser sur l’Etat en demandant au gouvernement de subventionner à hauteur de 10 millions d’euros, la création de « fans zones » et l’amélioration de la voirie.

Ce n’est pas sérieux Monsieur le Maire.

Vous le savez très bien, c’est à la commune que revient ces aménagements.

Le ministère des sports quant à lui, à travers le Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), a pour mission de financer les équipements sportifs et connexes strictement nécessaires aux fonctionnements de ces mêmes équipements.

On le voit bien dans ce dossier, le gouvernement de François FILLON à travers la ministre des sports Chantal JOUANNO, a été exemplaire.

Ce n’est pas votre cas Monsieur le Maire et ce n’est pas le cas du Conseil Régional que préside votre ami Monsieur HUCHON.

J’ai l’impression, à part le cadeau fait à votre ami Monsieur GUAZZINI avec Jean Bouin, que les socialistes parisiens et franciliens n’aiment pas le sport.

En effet, Jean-Paul HUCHON a refusé jeudi dernier en commission permanente du conseil régional de voter un vœu de Valérie PECRESSE demandant à la région une contribution financière au même titre que d’autres régions l’ont fait pour leur stade, notamment l’ Aquitaine, Nord Pas-de-Calais, PACA et Rhône-Alpes régions présidées par des socialistes.

Alors Monsieur le Maire, le groupe UMP vous demande de bien vouloir le solliciter afin qu’il participe financièrement au même titre que l’Etat, à ces améliorations qui rendront au Parc des princes sa splendeur et qui en feront un magnifique édifice que notre capitale mérite.